
Vie Insoumise et contres pouvoirs
"On n'est pas des victimes, encore moins des condamnés"
Gaël Faye – Irruption

Si on a l'impression que rien de bon ne peut nous arriver dans ce monde, qu'on s'installe dans un statut de victime, pas vraiment confortable, mais vaguement réconfortant... Pas d'chance... pas né-e sous la bonne étoile... De ce statut ne peut naître qu'aigreur et tristesse. Si au contraire on s'accorde le statut d'opprimé, on peut alors dénicher son oppresseur et retourner sa colère contre lui.
« La pratique de l'enquête ouvrière cherche à faire émerger la parole des personnes qui partagent un même vécu d'oppression. A visée émancipatrice, elle est une manière de construire et de faire circuler l'information pour la transformer en force politique. » écrit Alexia Morvan, éducatrice populaire, auteure d'une thèse sur l'éducation populaire politique. Si nous, insoumis-e-s, mettions nos pas dans ceux de Flora Tristan, Karl Marx au XIXè siècle, des JOC et JAC, Simone Weil au XXème, Paolo Freire au Brésil ? Militants, sociologues, philosophes, pédagogues qui souhaitaient « lire le monde ouvrier, mais aussi l'écrire politiquement » ?
Faire la preuve sociale
« Nous espérons être soutenus dans notre œuvre par tous les ouvriers des villes et des campagnes qui comprennent qu'eux seuls peuvent décrire en toute connaissance les maux qu'ils endurent ; qu'eux seuls, et non des sauveurs providentiels peuvent appliquer énergiquement les remèdes aux misères que l'exploitation capitaliste leur font subir. » écrivait Marx en 1880 dans la revue socialiste en préambule de son questionnaire envoyé à 25 000 exemplaires aux cercles socialistes, aux journaux...
Y a-t-il des toilettes sur votre lieu de travail ?
Combien d'intérimaires sont régulièrement embauchés à vos côtés ?
Votre invalidité est due à votre travail, savez vous qu'il est question de supprimer les CHSCT ?
Si vous aviez un CV anonyme, pensez vous que vous trouveriez facilement du travail ?
Changer de posture militante
Tout le monde peut parler de sa vie, tout le monde ne peut pas parler d'une réforme du code du travail. Aller dans les quartiers où les habitants sont les plus opprimés et se dire qu'ils ont beaucoup à nous apprendre sur la réalité du travail, du chômage, et que nous en retour pouvons donner de l'importance, de la valeur à leurs témoignages. Se dire que les citoyens peuvent tous apprendre les uns des autres pour se rendre compte des segments communs de l'oppression de ce système. Accepter d'être surpris, de ne pas savoir ce qu'on va découvrir. Travailler ardemment à ce que de ce savoir populaire qui émerge, on tire une force collective, voilà une posture militante qui nécessite présence dans le temps, continuité et humilité, et qui peut porter des fruits là où le désespoir et la colère sont les plus présents.
Partout, dans les quartiers, au travail à la machine à café, dans la rue, on peut s'interroger mutuellement !
Élargissons, envoyons les questions à tous nos contacts, créons une matière commune et profitons des outils numériques pour compiler les témoignages, écrits, dessinés, sous forme de vidéos ou de podcasts, faisons des lectures et écoutes collectives des résultats de nos enquêtes et devenons des chercheurs et chercheuses populaires de la révolution citoyenne !
Tifen Ducharne
Bientôt dans notre prochain numéro un exemplaire d'enquête populaire.
Si vous pensez avoir besoin de vous former pour cette action, contactez la rédaction pour bénéficier d'un stage (gratuit ): Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.



