Cuisiner c'est politique, l'internationale végétale

Le monde est traversé par des soulèvements populaires. En cause : une classe dominante dont les intérêts s’opposent à l’intérêt général et qui impose son monde avec des politiques néo-libérales et une économie fondée sur le capitalisme productiviste qui épuise les humain.es et les ressources naturelles.

Tout cela entraîne un effondrement social et démocratique mais aussi celui de l’écosystème dont dépend la vie humaine.

Le monde se consume, les forêts (Amazonie, Afrique, Indonésie) sont brûlées et les écosystèmes marins dévastés par la surpêche. Ce sont pourtant les poumons de la planète et les plus grands puits de carbone.

Pour Greenpeace, les incendies démesurés qui ravagent l'Australie seraient une des expressions les plus violentes du changement climatique, et pour le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) "Les vagues de chaleur devraient augmenter en intensité et durée dans la plupart des régions du monde". La lutte pour le climat apparaît donc comme le plus grand déf i de notre siècle et parallèlement, elle remet en cause notre façon de vivre et d’occuper la planète.

En changeant notre modèle alimentaire et agricole, nous avons à portée de main le plus grand levier pour lutter contre le réchauffement climatique. Selon l’étude de 2008 du Food Climate Research Network, "manger moins de viande et de produits laitiers, et consommer à la place davantage d’aliments d’origine végétale est le changement comportemental le plus utile que l’on puisse faire en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre à un niveau mondial".

Cela permettrait en plus de libérer des terres et de préserver les ressources vitales : en effet, l’élevage occupe 2/3 des terres agricoles du monde, et il faut en moyenne 7000 litres d’eau et 5 kg de protéines végétales pour produire 1 kg de protéine animale.

Selon l’étude IMPACT (International Model for Policy Analysis of Agricultural Commodities and Trade) menée par des économistes, la diminution de la production mondiale de viande entraînerait une baisse du prix de nombreux aliments de base dans les pays du Tiers-monde et permettrait de lutter contre la malnutrition.

Dans la revue scientifique Nature, des chercheurs de l’Université d’Oxford préconisent une réduction de 90 % de la consommation de viande et de 60 % de la consommation de lait et d’œufs d’ici 2050 dans les pays développés, af in de limiter à 1,5 °C la hausse de la température mondiale (objectif fixé parle GIEC).

Notre modèle alimentaire qui date des années 1960, période de l'industrialisation de l'agriculture française, n'est pas soutenable. Il faut à présent effectuer un nouveau grand virage et revenir à la norme végétale compte tenu des enjeux environnementaux, sociaux, éthiques et même géopolitiques. Il s’agit d’une révolution qui touche à l'écologie profonde, remettant en cause la domination et la prédation sur le monde et le vivant et elle doit être menée à l’international, et en premier lieu par les pays développés.

Trai Nguyen ( photos Astrid Basco)

 

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A lire Révolution Végane, Elodie Vieille Blanchard, Ed. Dunod, 2018
Bidoche: l'industrie de la viande menace le monde, Fabrice Nicolino, Ed. Babel, 2009
A voir Ami des lobbies #9 la viande – chaîne Youtube Ami des lobbies Quand la boucherie, le monde pleure, chaîne Youtube Datagueule L'impact de la viande sur l'environnement expliqué en 4 minutes, chaîne Youtube Le Monde

 

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